La Cour européenne des droits de l’homme (deuxième section), siégeant le 12 février 2008 en une chambre composée de : Françoise Tulkens, présidente, Antonella Mularoni, Rıza Türmen, Vladimiro Zagrebelsky, Danutė Jočienė, Dragoljub Popović, András Sajó, juges, et de Sally Dollé, greffière de section, Vu la requête susmentionnée introduite le 24 juin 2003, Vu la décision de la Cour de se prévaloir de l’article 29 § 3 de la Convention et d’examiner conjointement la recevabilité et le fond de l’affaire, Vu les déclarations formelles d’acceptation d’un règlement amiable de l’affaire. Après en avoir délibéré, rend la décision suivante : EN FAIT Le requérant, M. Bahattin Duyum, est un ressortissant turc, né en 1946 et résidant à Adana. Les faits de la cause, tels qu’ils ont été exposés par le requérant, peuvent se résumer comme suit. 2 DÉCISION DUYUM c. TURQUIE Le 8 octobre 1997, la...
CONSEIL DE L’EUROPE COUNCIL OF EUROPE COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS DEUXIÈME SECTION DÉCISION Requête no 29522/03 présentée par Bahattin DUYUM contre la Turquie La Cour européenne des droits de l’homme (deuxième section), siégeant le 12 février 2008 en une chambre composée de : Françoise Tulkens, présidente, Antonella Mularoni, Rıza Türmen, Vladimiro Zagrebelsky, Danutė Jočienė, Dragoljub Popović, András Sajó, juges, et de Sally Dollé, greffière de section, Vu la requête susmentionnée introduite le 24 juin 2003, Vu la décision de la Cour de se prévaloir de l’article 29 § 3 de la Convention et d’examiner conjointement la recevabilité et le fond de l’affaire, Vu les déclarations formelles d’acceptation d’un règlement amiable de l’affaire. Après en avoir délibéré, rend la décision suivante : EN FAIT Le requérant, M. Bahattin Duyum, est un ressortissant turc, né en 1946 et résidant à Adana. Les faits de la cause, tels qu’ils ont été exposés par le requérant, peuvent se résumer comme suit.
2 DÉCISION DUYUM c. TURQUIE Le 8 octobre 1997, la direction générale de la caisse nationale des retraites (« l’administration ») notifia au requérant la baisse de sa retraite suite à une rétrogradation de son échelon. Le 10 décembre 1997, le requérant saisit le tribunal administratif d’Ankara d’un recours en annulation et de sursis à exécution de cette décision. Le 21 janvier 1998, l’assignation fut notifiée à l’administration. Le 16 mars 1998, l’administration signifia au requérant son mémoire en défense et soutint que l’acte litigieux était conforme à la loi. Elle demanda également au tribunal une prolongation du délai pour la présentation de ses conclusions complémentaires. Le 6 mai 1998, le tribunal rejeta la demande de sursis à exécution. Par un jugement du 10 novembre 1998, le tribunal débouta le requérant de sa demande au motif que l’acte attaqué était conforme aux dispositions de la loi. Le 22 décembre 1998, le requérant se pourvut en cassation. Par un arrêt du 12 mars 2003, le Conseil d’Etat confirma le jugement de première instance. GRIEFS Invoquant l’article 6 § 1 de la Convention, le requérant soutenait que sa cause n’avait pas été entendue dans un délai raisonnable devant les juridictions nationales. Il estimait également ne pas avoir bénéficié d’un procès équitable en droit interne dans la mesure où les conclusions en défense de l’administration n’avaient été étayées par aucun élément de preuve. Le requérant se plaignait enfin de ce que sa cause n’avait pas été entendue par un tribunal indépendant et impartial, dans la mesure où tous les magistrats siégeant dans les tribunaux administratifs n’étaient pas nécessairement diplômés d’une faculté de droit. EN DROIT La Cour a reçu du Gouvernement la déclaration suivante : « Je soussigné déclare que le gouvernement turc offre de verser à M. Bahattin Duyum, à titre gracieux, la somme de 2 500 EUR (deux mille cinq cents euros) en vue d’un règleme...